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A la lecture du
communiqué de presse destiné aux médias le 21.11.2007 au sujet de
la Lex
Koller, on se demande quelle vision ont les personnes du
service de l’Economie pour le tourisme valaisan.
Certes, la Lex Koller est une
affaire nationale et la marge de manœuvre du canton ne peut-être que plus
restrictive. Invoquer la Lex
Koller afin de réchauffer des lits est une première erreur
sachant que c’est l’étranger, principalement, qui met à disposition son logement
(les propriétaires suisse souvent l’occupent le w-e essentiellement). On pousse
même le bouchon un peu plus loin à savoir que l’on interdit le suisse, dans son
pays, de revendre son bien à un étranger (à moins qu’une revente peut-être
considérée comme un « projet » !?).
Le débat et les mesures
prises partent d’entrée sur une fausse base et ne peuvent donner une bonne
solution. Si la Lex
Koller avait pour objectif d’occuper les lits libres, pourquoi
pas aussi les usines en difficulté ?
Que
veut-on ?
Le 1er
paradoxe à la lecture de ce communiqué est dans la nouvelle distribution :
« privilégier des projets qui sont réalisés dans les communes ayant pris des
mesures pour maîtriser le développement des résidences secondaires ». Il est
demandé d’un côté de ne plus construire de résidences secondaires et de l’autre
on dit que l’on donnera le 50 % des autorisations à ceux qui ont pris des
mesures pour limiter leur construction… Alors on nous dira que « oui… les
autorisations seront données aux ‘lits marchands’ ». Une définition de ce
nouveau type de lit (la Lex
Koller ne connaît pas cette spécificité) est attendue avec
impatience si l’on veut déposer un dossier ! On peut imaginer qu’il s’agit d’un
acquéreur étranger qui s’engage à mettre à dispositions son logement possédant
un minimum de lits (10 ?) durant un certain nombre de semaine. L’idée est
louable mais… reste à « trouver » la personne qui va occuper ces
lits…
Les quotas à
l’intérieur de zone à construire, dûment autorisés à voulus par la population
sont des aberrations économiques et sociales. Economiquement il faut terminer
les constructions neuves pour enfin passer à la rénovation, l’entretien et
la reconstruction.
On assure ainsi des emplois durables annuels et bien payés.
Socialement, il faut en terminer avec les gros travaux et donner une vitesse de
croisière à nos stations pour pouvoir s’occuper des besoins des populations
concernées. Les promoteurs immobiliers doivent être remplacés par des
gestionnaires.
Quelle
garantie ?
L’autre paradoxe est
d’interdire « la stipulation d’acte sans garantie ». Le moratoire a été
introduit essentiellement du fait que la durée d’attente supérieure à 3 ans
(pourquoi 3 ans déjà ?!) induisait une insécurité juridique. Avec le nouveau
système de répartition et selon un calcul très sommaire, la durée d’attente de
certains actes pourrait être augmentée à plus de 10
ans !
Et
la souveraineté des communes !
Ensuite il y a aussi la
souveraineté des communes qui est bafouée. Sous prétexte de Lex Koller et de
la fiche D1-3
voire même encore la Loi sur le Tourisme on décide que pour l’ensemble du
territoire valaisan c’est ou tel style d’hébergement qui est « mieux ».
Il appartiendra au
Grand Conseil de fixer les principes de la politique du tourisme du canton. Dans
ses directives d'application de
la Lex
Koller, le Conseil d'Etat préjuge de la décision du législatif quant au
modèle de développement touristique que celui-ci choisira pour le canton, cas
échéant en fonction des spécificités propres à chaque station touristique.
On connaît le
« succès » de certaines régions du Haut-Valais, pourtant souvent citées en
exemple.
On décrie
la commune
Bagnes et ses soi-disant « lits froids » et par opposition on
cite en exemple les stations à vocation hôtelière du style de Zermatt. Alors que
la participation du contribuable de la métropole bas-valaisanne et presque le 50
% supérieur de celui de Zermatt. Aucune analyse digne de ce nom n’a été faite
pour expliquer ce fait. La population locale de la commune de Bagnes a même
augmenté considérablement ces 10 dernières années (magnifique exemple de
« développement durable »). On ne peut pas en dire autant des vallées du haut
Valais. Preuve en est que chaque région du canton est particulière et qu’il
serait dommageable pour l’ensemble du Valais qu’une loi règlemente de manière
unique le canton. Notre force est justement notre diversité. Zermatt cartonne
avec ses hôtels et Verbier fait des envieux, des jaloux (…) avec le taux
d’occupation de ses résidences secondaires.
En conservant un
contingentement par région, le Conseil d’Etat favorise implicitement les régions
les moins dynamiques qui verront leurs demandes plus rapidement satisfaite que
celles des régions où la demande est plus forte grâce à l’engagements des
acteurs économiques locaux. Autre exemple de nivellement par le
bas.
Ne
mélangeons pas tout !
Enfin et le problème
est plus sur le fond. La
Lex Von Mos avait pour but essentiel d’empêcher le bradage du
sol national. A l’époque la mesure était nécessaire. En plus de 40 ans la
situation a changé. Le paradoxe est qu’un client ayant besoin d’un parking, car
sa famille s’est agrandie, se verra interdire une place de parc alors que des
multinationales sont soldées à des investisseurs étrangers. Aujourd’hui c’est le
problème des volets clos que l’on veut régler. Ce n’est pas la Lex Koller qui en est la
cause car les professionnels savent que ce sont justement les étrangers qui
mettent majoritairement leur bien en location. Ce sont aussi les étrangers ou
les personnes au bénéfice d’un permis d’établissement qui rapportent le plus à
l’économie locale.
Dans le communiqué
aucune mesure incitative ne paraît. Certes on favorisera des « projets qui
créent des lits marchants ». On peut saluer l’initiative, la volonté mais… des
volets dits « clos » existent déjà. L’offre existe donc. Ne doit-on pas tenter
d’occuper les existants déjà avant d’en construire de nouveaux ? On doit d’abord
augmenter le nombre de nuitées avant d’augmenter l’offre et non-pas l’inverse. A
défaut, le nivellement se fera encore par le bas, les prix et les rendements
diminueront et, en conséquence, la volonté de louer des investisseurs et des
anciens loueurs faiblira. Ce sera aussi un vieillissement du parc immobilier. En
effet le suisse ne pourra plus vendre à l’étranger et on le répète c’est bien
l’étranger qui réinvesti le plus volontiers dans les rénovations. En résumé
l’arrivée d’une clientèle moins aisée, qui dépensera moins avec une baisse
évidente du pouvoir d’achat de l’hôte, et accentuera la baisse de la qualité de
notre tourisme.
Ainsi on est train de
tout mélanger (La Lex
Koller, la LAT, la Loi sur le Tourisme, fiche D1-3, …) pour
trouver une solution meilleure à notre tourisme. A force de tout vouloir faire
en même temps (pourquoi d’ailleurs ?) on risque bien de tout faire
faux.
Le développement
touristique du canton est trop important pour être laissé à la seule sagacité du
Conseil d'Etat et de quelques chefs
de services. La politique touristique du canton doit être le fruit du large
débat que mènera prochainement le Grand Conseil. L'aménagement du territoire d'une commune ne doit pas dépendre des directives du
Conseil d'Etat pour l'application de la Lex Koller. En fonction des
choix du Grand Conseil, le Conseil d'Etat se devra de modifier les directives
d'application de la Lex Koller, voire de
la fiche D1-3
ou encore de la Loi sur le Tourisme. Il se doit également de respecter
d'avantage les choix de développement
des communes.
La
solution ?
Favoriser les reventes
aux étrangers, hors contingent pour encourager la mise à disposition de
l’existant, et la reconstruction de propriétés de qualité qui favorisent les
emplois pour leur entretien et qui intéressent les locataires, employés et
touristes. Exiger éventuellement une mise à disposition du logement ou chalet
dans certains cas.
Daniel
Guinnard, vivant du et dans le
tourisme depuis 1981
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